Vos données et celles de votre proche : nLPD, RGPD et hébergement en Suisse
Confier les photos, la voix et parfois la vidéo d'un parent âgé à un appareil connecté, c'est un acte de tendresse — mais aussi de confiance. Voici, sans jargon, ce que la loi suisse (nLPD) et le RGPD protègent vraiment, et les bonnes questions à poser avant de choisir.
Quand on installe une tablette ou une horloge connectée chez un proche vulnérable, on y fait passer ce qu'il y a de plus intime : des visages de famille, des voix, des habitudes de journée, parfois des appels vidéo. Ce sont des données personnelles — et, s'agissant d'une personne âgée dont la mémoire flanche, des données particulièrement sensibles. La bonne nouvelle : en Suisse comme en Europe, la loi encadre précisément la manière dont une entreprise a le droit de les traiter. Encore faut-il savoir quoi vérifier. Cet article explique l'essentiel simplement, pour une famille, pas pour un juriste.
Pourquoi les données d'un proche âgé sont particulièrement sensibles
Un adulte à l'aise avec la technologie lit les conditions, coche ou décoche, révoque un accès. Un proche en déclin cognitif léger, lui, ne peut souvent plus donner un consentement éclairé ni surveiller ce qu'un appareil fait de ses informations. C'est vous, l'aidant, qui décidez à sa place — et cette responsabilité mérite un fournisseur irréprochable.
Les contenus en jeu ne sont pas anodins. Une photo révèle un lieu de vie, un entourage, un état de santé apparent. Une voix est une donnée biométrique de fait. Les horaires de médicaments ou de repas dessinent une routine quotidienne. Rassemblées, ces informations racontent une vie entière. Elles doivent donc être traitées avec le sérieux qu'on accorderait à un dossier médical — même quand le produit, comme Ally Display, n'est pas un dispositif médical mais un objet de lien familial.
La nLPD et le RGPD, en clair
La nLPD — nouvelle loi fédérale sur la protection des données, en vigueur depuis le 1er septembre 2023 — est la version modernisée de la loi suisse. Elle a été largement rapprochée du RGPD européen, si bien qu'un fournisseur sérieux respecte en pratique les deux à la fois. Leur but est simple : vous redonner le contrôle sur ce qu'une entreprise sait de vous et de vos proches.
Quelques principes suffisent à comprendre l'esprit de ces textes :
- Finalité. Les données ne peuvent servir qu'au but annoncé (faire fonctionner le service), pas à autre chose glissé en petits caractères.
- Minimisation. On ne collecte que le strict nécessaire, jamais « au cas où ».
- Transparence. Vous devez pouvoir savoir, en clair, ce qui est collecté, pourquoi et où.
- Sécurité. Les données doivent être protégées techniquement (chiffrement, accès restreint).
- Vos droits. Accès, rectification, suppression : vous pouvez consulter vos données, corriger une erreur, ou tout faire effacer.
En Suisse, l'autorité qui veille au respect de ces règles est le Préposé fédéral à la protection des données et à la transparence (PFPDT) ; en Europe, ce sont les autorités nationales comme la CNIL. Vous pouvez saisir l'une d'elles en cas de manquement.
Un point rassurant pour les familles : ces droits ne sont pas réservés aux experts. Vous n'avez pas besoin d'un avocat pour demander une copie des données ou leur effacement — un simple email suffit, et l'entreprise a l'obligation de répondre dans un délai encadré (au plus trente jours en pratique). La loi place volontairement la barre du côté du particulier, pas de l'entreprise. C'est précisément ce qui doit vous mettre à l'aise au moment de confier des souvenirs de famille à un service : vous gardez la main, à tout moment.
Les 5 questions à poser à tout fournisseur
Peu importe la marque envisagée : ces cinq questions, posées avant l'achat, séparent un service respectueux d'un service opaque. Une entreprise honnête y répond clairement, par écrit, dans sa politique de confidentialité.
| La question | Pourquoi ça compte | Bonne réponse attendue |
|---|---|---|
| Où sont hébergées les données ? | Le pays d'hébergement détermine la loi applicable et le niveau de protection. | Serveur en Suisse (ou UE), localisation précisée noir sur blanc. |
| Sont-elles chiffrées ? | Sans chiffrement, une fuite expose tout en clair. | Oui : transport (HTTPS/TLS) et sauvegardes chiffrées. |
| Qui peut y accéder ? | Un employé qui lirait vos photos serait un vrai problème. | Accès interne restreint, pas de lecture des contenus familiaux hors incident tracé. |
| Peut-on tout supprimer ? | Le droit à l'effacement est concret, pas théorique. | Une procédure claire de suppression du compte et des données. |
| Les données sont-elles revendues ? | Le vrai modèle économique se lit ici. | Jamais de revente, jamais d'usage publicitaire. |
Un signal simple : si les réponses sont introuvables ou noyées dans du flou, méfiez-vous. Un fournisseur qui respecte vraiment vos données les explique volontiers — c'est même une obligation légale de transparence.
L'hébergement en Suisse, pourquoi ça change quelque chose
Toutes les données du monde ne sont pas soumises aux mêmes règles : c'est l'endroit où elles sont stockées et l'entreprise qui les traite qui décident du droit applicable. Des données hébergées en Suisse relèvent de la nLPD et de la surveillance du PFPDT — un cadre exigeant et un interlocuteur clair en cas de litige. C'est un gage de proximité juridique rassurant quand il s'agit d'un proche fragile.
Dans les faits, certains services techniques (transmission d'un appel vidéo, envoi d'un email de confirmation) peuvent transiter par des prestataires hors de Suisse — c'est courant et légal, à condition d'être encadré par des garanties reconnues comme les clauses contractuelles types européennes. L'important n'est pas qu'absolument tout reste sur le sol suisse, mais que le fournisseur le dise clairement et encadre ces échanges. La bonne pratique : que le cœur du service et vos sauvegardes soient en Suisse, et que le reste soit documenté honnêtement.
Au-delà du lieu, regardez aussi la durée : une politique sérieuse indique combien de temps chaque type de donnée est conservé, et ce qui se passe quand vous fermez le compte. Une entreprise qui garde tout indéfiniment, sans jamais dire pourquoi, ne respecte pas le principe de minimisation. À l'inverse, un service qui annonce une suppression complète après la fermeture du compte, dans un délai borné, montre qu'il a pensé la question sérieusement.
Comment Ally Display traite vos données
Ally Display, c'est deux choses très simples : une horloge-tablette ambiante posée chez votre proche, et une application aidant sur votre téléphone. Le produit est conçu et hébergé en Suisse par Senior Shop Sàrl, à Payerne. Voici comment nos réponses se rangent en face des cinq questions ci-dessus — l'ensemble des détails figurant dans notre politique de confidentialité, que nous vous invitons à lire.
- Où. Le serveur principal est hébergé en Suisse, et les sauvegardes chiffrées y sont conservées également. Certains contenus transitent, pour des raisons techniques, par des prestataires hors de Suisse, encadrés par des garanties contractuelles reconnues — le détail est listé dans la politique de confidentialité.
- Chiffrement. Les communications passent en HTTPS/TLS et les sauvegardes sont chiffrées. Les mots de passe ne sont jamais stockés en clair.
- Accès. L'accès interne est restreint ; aucun de nos collaborateurs ne consulte les photos ou messages échangés en dehors d'un incident technique nécessitant une intervention, qui est alors tracée.
- Suppression. Vous pouvez à tout moment supprimer votre compte et toutes les données rattachées. La marche à suivre est expliquée sur notre page dédiée : suppression de compte.
- Revente. Nous ne vendons jamais vos données et ne les utilisons jamais à des fins publicitaires. Ally Display + Ally Companion est conçu pour rapprocher les familles, pas pour surveiller.
Nous ne collectons que le nécessaire au service : pas de position GPS, pas d'écoute continue du micro, pas de prise de photo automatique du proche, aucune donnée de santé. Le produit est conforme à la nLPD suisse et au RGPD, et vos droits d'accès, de rectification et de suppression s'exercent d'un simple message. Pour tout le détail — bases légales, durées de conservation, liste des prestataires, sécurité — la référence reste la politique de confidentialité : c'est elle qui fait foi, pas cet article.
Choisir un appareil pour un proche, c'est aussi choisir à qui l'on confie son intimité. Si vous hésitez encore sur le type d'appareil lui-même, notre guide de la tablette senior en Suisse vous aidera à cadrer le besoin avant de regarder la question des données.
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